Adameo | #RISC2018, le profil de Manager Supply Chain de demain
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#RISC2018, le profil de Manager Supply Chain de demain

#RISC2018, le profil de Manager Supply Chain de demain

Sophie Perrault, 

Head of Business Development – fil by adameo

 

Le jeudi 7 juin dernier se sont tenues les Rencontres Internationales de la Supply Chain au Pavillon d’Armenonville qui ont rassemblé quelques centaines de professionnels du secteur pour faire le point sur la fonction Supply Chain dans l’entreprise et son évolution dans les années à venir. L’occasion pour eux d’imaginer le Manager Supply Chain de demain…

Pour Sébastien Liorzou, SVP Supply Chain Group de Carrefour,  le Manager Suply Chain de demain devra être moins expert, mais plus transverse et collaboratif. Il devra se montrer ouvert, s’impliquer dans une vision stratégique.

Par opposition au schéma de progression de carrière classique, et tout en maintenant la mobilité et les nominations internes, il importe de plus en plus d’être ouverts aux profils provenant d’autres lignes métiers, dans l’organisation ou bien à l’extérieur. Cette évolution illustre que le savoir-être est désormais autant valorisé que le savoir-faire.

Il y aura un certain nombre de métiers particulièrement demandés dans les années à venir pour accompagner l’évolution de la Supply Chain dans les organisations, notamment le profil de Chef de projet Logistique avec, idéalement, des compétences en management du changement, plus généraliste, une culture du POC (Proof of Concept) et une solide connaissance en Lean Management.

Le triple défi avec ces profils auquel le marché doit faire face : les attirer, les recruter et les fidéliser.

Pour Philippe Raynaud, VP Supply Chain Europe de BIC, le futur leader de la Supply Chain est avant tout un Community Manager. Il a vocation à fédérer les énergies de l’entreprise et identifier les meilleurs partenaires pour l’organisation. Il doit adopter une posture positive et une position d’écoute et doit être le garant d’un partage de bonnes pratiques entre les différentes Business Units. Il doit posséder des qualités interpersonnelles fortes, se positionner comme animateur du collectif et fédérer des traits de personnalité multiples, tels que le charisme et l’esprit d’initiative.

Pour Georges de Gaulmyn, VP Supply Chain Strategy & Transformation de Essilor, le maître mot est l’intégration ; le leader de la Supply Chain est un orchestrateur des différentes fonctions de l’entreprise et des business internes. Il est aussi en charge de la promesse faite au client et le garant  que cette promesse est tenue, quotidiennement, et pour l’avenir. Il doit s’assurer que « la maison est bien gardée », jour après jour. Il doit être en mesure de partager avec la Direction de l’organisation la vision et le quotidien de son travail. Cela nécessite une communication horizontale forte. Il ne doit pas nécessairement être un expert des données, mais il doit se montrer très à l’aise avec ces dernières, savoir les gérer, en même temps que le produit et/ou le service.

Pour Eric Chauvin, Talent & Leadership Development de Michelin, c’est la capacité à donner du sens qui caractérise le futur leader de la Supply Chain. Il doit mettre en exergue le volet humain et réussir à mobiliser les énergies. Le contexte VUCA (Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity) dans lequel l’économie évolue actuellement impose une agilité des métiers de la Supply Chain, jusqu’à maintenant assez normés. Il doit donner la place à l’équipe qui lui revient au sein de l’organisation et doit faire preuve d’une capacité à lâcher prise dans la subsidiarité, c’est-à-dire donner le pouvoir d’agir à l’endroit où le problème se pose. C’est la notion anglosaxonne de l’entitlement, très plébiscité des jeunes générations, notamment. Il doit montrer l’exemple et fédérer par la compétence et l’expérience, savoir simplifier la complexité, pour fidéliser les collaborateurs autour de lui et, ainsi, mécaniquement, attirer les talents.

Pour Fathi Tlatli, Président Global Sector Automotive de DHL, le leader de la Supply Chain de demain sera un « infuencer » et aura une responsabilité sociétale pour créer de la valeur. L’entreprise est, dans cette configuration, vue comme un système composé d’éléments de rentabilité au centre desquels est l’Humain. Il devra avoir une approche interculturelle pour une compréhension des autres la plus optimale possible dans un monde global caractérisé par la diversité. Le CSCO (Chief Supply Chain Officer) soit faire partie du Comex et des instances de décisions de l’entreprise. Il devient alors beaucoup impliqué qu’historiquement dans le lancement des produits et/ou services (Design Thinking). Il doit déléguer, orchestrer, coordonner, démontrer une intelligence digitale et être axé sur l’innovation. Il doit porter la vision de l’entreprise et celle de la Direction.

Chaque individu doit intégrer l’organisation qui lui correspond le mieux, et il convient alors d’être vigilant sur l’adaptation culturelle du leader de la Supply Chain de demain, comme tout collaborateur. La performance se développe de façon optimale là où les gens sont en adéquation avec leur environnement.

La compréhension du business, la capacité à être opérationnel, les aspects culturels (de moins en moins techniques), la vision globale du fonctionnement de l’entreprise et les enjeux à venir sont autant d’atouts pour le Manager Supply Chain dans les prochaines années. Son rôle se concentrera beaucoup plus dans la prise de décisions justes, appuyé par un éclairage d’experts pour chaque problématique considérée.

La montée en demande des métiers digitaux appliqués à la Supply Chain caractérisera également les temps futurs. Les organisations offriront une mobilité interne réelle, notamment à l’international, avec des responsabilités opérationnelles fortes.

Compétences, personnalité, expérience et potentiel viendront caractériser les attentes des recruteurs dans des contextes professionnels évolutifs, des missions denses et des projets simultanés intéressants. Pour celles et ceux qui le souhaiteront, la montée en compétence sera accessible et rapide.

Pascal Zammit, Directeur du Développement RH de Michelin, a présenté le travail collaboratif effectué par 17 jeunes étudiants et diplômés quant à leurs attentes vis-à-vis des entreprises, en général, et celles de la Supply Chain en particulier, leurs motivations pour réaliser un parcours dans ce secteur d’activité et ce qu’ils pensaient pouvoir apporter aux organisations qui le représente.

Il en ressort que, pour eux, le secteur de la Supply Chain offre une attractivité forte et un quotidien stimulant au travers des caractéristiques suivantes :

> transverse (avec notamment l’opportunité de développer des compétences  relationnelles (qualités interpersonnelles), > multi-culturel (ce qui requiert de s’adapter dans un environnement changeant), > multi-compétences (avec de nombreux projets complexes et différents chaque année), > concret, > vecteur de stratégie (ce qui donne un sens à la mission en particulier, au travail, en général).

Et un avenir enthousiasmant pour les principales raisons suivantes :

> la diversité des métiers, > l’aspect mondialisé, > le pan multi-sectoriel, > l’employabilité, > les nouveaux challenges offerts.

Le secteur de la Supply Chain est très porteur d’avenir et offrira encore, pendant de nombreuses années, de nouvelles opportunités, locales et globales, et cela répond au besoin exprimé des jeunes générations d’une mobilité internationale. L’horizon des possibles devient alors infini.

Ce secteur, en pleine croissance, assure une sérénité d’emploi aux jeunes diplômés, qui ne sont pas touchés par d’éventuelles angoisses de précarité que peuvent vivre d’autres jeunes dans d’autres secteurs d’activité. Cette génération, entrant sur le marché de l’emploi dans un contexte de crise, trouve une valeur « sécurité » dans cette branche d’activité et les fonctions afférentes.

Ils insistent également sur les problématiques de transparence, de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE), de traçabilité (Blockchain) et des innovations digitales auxquelles les entreprises devront répondre pour s’assurer d’attirer les meilleurs talents.

Quand il s’agit d’aborder leurs attentes envers les organisations actuelles, sont énoncés les points suivants :

> une certaine liberté d’entreprendre, > des valeurs sociales et sociétales, > un épanouissement (et non pas équilibre) personnel et professionnel, > un parcours de carrière varié, > le désilotage.

Pour ce qui est de ce qu’ils peuvent apporter à l’entreprise, ils formulent leurs atouts :

> ce sont des digital natives, > ils ont donc une bonne compréhension du consommateur, > ils font preuve d’un état d’esprit entrepreunarial, > ils ont une forte capacité d’adaptation et de flexibilité.

Les jeunes diplômés d’aujourd’hui sont, par définition, des « consom’acteurs ».

Alors, quel conseil bienveillant leur donner à l’aube de leur carrière ? Peut-être de se montrer patients dans ce monde VUCA pour apprendre et gravir progressivement les échelons, et rappeler que le management est quelque chose de très compliqué, qui ne s’apprend pas dans les cursus de formation ni les manuels, mais bien sur le terrain, avec la pratique quotidienne et l’expérience des situations.