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IoT en industrie : comment aller au-delà du gadget ?

IoT en industrie : comment aller au-delà du gadget ?

Du four connecté à la Google Home en passant par les “smart watches”, les IoT (Internet of Things) ou objets connectés ont envahi nos espaces personnels. Côté industrie, la donne est sensiblement différente : aux promesses mirobolantes et investissements massifs des dernières années s’opposent souvent des projets non aboutis et des usages peu concluants.

 

Si le terme d’IoT n’apparaît qu’au terme des années 90, c’est en 1949, au milieu de l’Ohio, qu’Alfred J. Gross dépose le brevet de ce que l’on pourrait considérer comme le premier objet connecté au monde : le pager, ancêtre du téléphone portable, permettant d’échanger des messages écrits via les ondes radios. Au cours des décennies suivantes, les infrastructures se développent, Internet apparaît (ainsi que le GPS), et c’est en 1999 que Kevin Ashton, employé de Procter & Gamble, emploie pour la première fois le terme d’IoT.

Vingt ans plus tard, force est de reconnaître qu’Alfred J. Gross était un visionnaire : il a ouvert une véritable brèche, dans laquelle s’engouffrent depuis lors des constructeurs et fabricants dont la qualité des produits et services est plus que variable.

La quantité plutôt que la qualité

Il suffit de se pencher sur l’augmentation du nombre d’IoT pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Malgré des débuts poussifs, c’est à la fin des années 2000 qu’une véritable transition s’opère à tous les niveaux, pour atteindre plus de 20 milliards d’IoT aujourd’hui inter-connectés à l’échelle mondiale. Des centaines de milliards de 1 et de 0 s’échangent chaque jour, données issues d’objets divers et variés. Si ce nombre peut donner le vertige, il cache une réalité encore plus saisissante et complexe. D’une part parce que ce nombre n’est qu’un avant goût de la décennie à venir, et d’autre part car il recouvre une diversité de “devices” et de modes de fonctionnement immense.

Mais cette transformation s’accompagne d’un curieux sentiment de dégradation. D’un point de vue “customer”, l’impression que l’on cherche à nous vendre du “connecté” sans réellement se poser la question de la valeur ajoutée se dégage. Ce n’est pas nos observations du CES qui le contrediront : litières, fauteuils, supports à papier toilette, tapis de bain… Quels avantages dégager de cette connexion totale de nos équipements ?

Au niveau des sociétés et de l’industrie (sur laquelle nous souhaitons nous focaliser ici), le constat est également mitigé. Si tous les observateurs s’accordent sur une croissance exponentielle du marché (estimé à environ 200 milliards de dollars aujourd’hui pour une projection à 1.000 milliards d’ici 2025), on peut toutefois relever certains chiffres peu reluisants. Par exemple, il est estimé qu’environ 75% des projets de digitalisation via le déploiement de flottes IoT n’aboutissent pas. Ce chiffre est-il significatif d’une impasse ? Et quels enseignements en tirer ? Des questions ardues aux réponses complexes, qui mettent en perspective la notion de ROI (Return of Investment) autour de tels sujets.

Des technologies de moins en moins onéreuses

Lorsque le débat s’oriente sur le ROI, on gravite très rapidement autour du prix de la technologie. Et le coût des solutions IoT suit une décroissance régulière depuis maintenant plusieurs années, résultat des investissements massifs effectués et preuve d’une maturation globalisée du marché. D’une part, de plus en plus d’acteurs intègrent l’architecture permettant l’exploitation des données dans leurs services, réduisant ainsi énormément les coûts de développement interne potentiels.

D’autre part, le prix intrinsèque des “devices” est en chute libre, avec un coût moyen divisé par plus de trois au cours des quinze dernières années. Les startups proposant des IoT à prix cassé étaient d’ailleurs légion dans les travées du CES : on peut citer entre autres Avneer ou StickTrackr (qui a développé un traqueur au prix d’achat de 1$).

La multiplication des vendeurs IoT témoigne en outre de la diversification des technologies, et cette richesse d’offre pose les bases d’une personnalisation dédiée à chaque usage. Tout l’enjeu repose alors sur une juste définition des besoins, afin de maximiser les avantages de cette personnalisation et garantir une optimisation des gains potentiels.

“Passer de l’Internet of Things à l’Intelligence of Things”

Ce ciblage efficient des besoins est certes un arbre massif, mais qui cache une forêt encore plus dense : les promesses de l’IoT ne résident pas dans la simple connexion de machines, mais dans l’intelligence qui y est associée.

A quoi sert de capter une multitude de données si on n’en exploite qu’un pan réduit ? Pourquoi rester sur une analyse des systèmes en silos ? Le calcul du ROI sur de tels sujets doit se faire en prenant en compte les retombées indirectes qu’une réelle intelligence couplée à une connaissance poussée des métiers peuvent générer.

Prenons un exemple : si je décide demain d’équiper toute ma flotte transport de traceurs GPS, je peux facilement détecter les anomalies éventuelles et ainsi améliorer ma prévention de pertes ou éviter d’éventuelles ruptures capacitaires. Cependant, si je croise ces informations à celles contenues dans mes systèmes d’informations, comme mes ordres de transport, je peux aller plus loin dans la génération de valeur, et optimiser la gestion de mes “assets” à grande échelle.

Cette tendance d’ajout d’intelligence dans les déploiements IoT se concrétise déjà ; les combinaisons avec des technologies d’intelligence artificielle se développent, l’edge-computing trouve peu à peu sa place, et malgré les échecs du passé, les projets de déploiement prolifèrent et se complexifient. Ce n’est qu’une manifestation des transformations profondes s’opérant actuellement dans la plupart de nos entreprises.

Notre conviction est d’accompagner ces transformations, en faisant le lien entre l’innovation et les métiers, et ainsi diffuser cette intelligence dans les différentes couches technologiques et digitales qui vont se densifier au sein des entreprises. Nos équipes accompagnent d’ores et déjà nos clients dans la définition et la construction d’outils utilisant des flottes IoT, comme par exemple sur des sujets de traçabilité ou d’optimisation de tournées, et notre volonté est de continuer sur ce chemin, dans les pas d’Alfred J. Gross.

Arthur Dumon

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