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Le e-commerce transforme la logistique des coopératives agricoles

Le e-commerce transforme la logistique des coopératives agricoles

Le e-commerce transforme la logistique des coopératives agricoles

Devant l’explosion du e-commerce dans le milieu agricole, les coopératives agricoles font évoluer leur organisation logistique. Comme dans le milieu du retail, celle-ci doit prendre en considération les besoins du consommateur (ici l’agriculteur) qui souhaite être livré le plus rapidement possible, au moindre coût et dans de bonnes conditions. Nos agriculteurs font en effet, actuellement, face à des défis majeurs qui modifient leurs besoins, leurs habitudes et qui impactent l’ensemble de la chaine. Les coopératives agricoles doivent réagir vite et accélérer la digitalisation de leur processus.

 

Économie et environnement : la course à la rentabilité et à la réactivité des exploitations agricoles

 

Une exploitation agricole sur cinq a déclaré un revenu nul ou déficit en 2017 (INSEE, 2019) et l’endettement de ce secteur ne cesse d’augmenter. Les agriculteurs subissent en effet de plein fouet les changements climatiques qui réduisent considérablement le rendement des activités d’une année à l’autre. Les gelées d’avril 2021 ont par exemple engendré des pertes estimées à 10% sur le colza et la betterave représentant environ 600 euros de manque à gagner par hectare, selon le syndicat des betteraviers.

 

Les dérèglements et imprévus climatiques (plus longues périodes de sécheresse, vagues de grand froid, tempêtes violentes…) rendent également les approvisionnements annuels en semences et en graines plus complexes à prévoir. Les agriculteurs peinent à anticiper leurs besoins à moyen terme et il n’est désormais plus rare de voir des réapprovisionnements en urgence afin de sauvegarder certaines cultures.

 

Ajoutons à cela une concurrence bon marché venue d’Europe et de nouvelles réglementations contraignantes (loi EGalim, 2018), et l’on comprend pourquoi les agriculteurs sont à la recherche des solutions logistiques les moins onéreuses et les plus réactives possibles. Pour leurs approvisionnements, ils se tournent alors de plus en plus vers le e-commerce au détriment des traditionnelles coopératives agricoles. Cette tendance de fond vient perturber le modèle économique des coopératives agricoles qui ont jusqu’ici cherché à positionner des dépôts au plus près des récoltes.

 

L’organisation historique des coopératives à l’épreuve du e-commerce

 

Le principe même des coopératives est de regrouper des agriculteurs au sein d’une même entité afin de leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier. Les agriculteurs peuvent déléguer aux coopératives la gestion des approvisionnements (semences, engrais, nutrition et protection des plantes, alimentation animales, équipements) ainsi que la collecte et la commercialisation des céréales.

Historiquement, les coopératives se sont donc implantées de façon à être au plus près des agriculteurs avec des dépôts pour la gestion des approvisionnements et des silos pour les récoltes céréalières. Cette organisation logistique a été calquée sur une stratégie commerciale qui leur a permis d’étendre leur rayonnement sur les régions où elles sont déjà implantées afin d’augmenter le nombre d’adhérents et de massifier les volumes d’achats et de ventes.

 

Par cette présence géographique, les coopératives ont su développer une connaissance accrue du terrain pour mieux appréhender les spécificités locales aussi bien d’un point de vue des cultures (types de céréales, rendements, spécificité météorologique) que d’un point de vue logistique (transporteurs, station libre-service de solution azotée).

 

Mais aujourd’hui, pour mieux maitriser les coûts et gagner en flexibilité, de plus en plus d’agriculteurs se fournissent individuellement auprès de e-commerçants qui les livrent directement. Précurseur en la matière, Agriconomie ,un site e-commerce spécialisé dans la vente d’engrais, de semences et de matériel agricole, connait ainsi une forte croissance.

 

Fluidifier la chaîne d’approvisionnement et répondre aux nouvelles attentes des consommateurs

 

Afin de pouvoir se développer, plusieurs coopératives ont fait le choix de proposer des produits à la vente via une plateforme numérique. C’est le cas d’Aladin, plateforme e-commerce qui permet à chaque coopérative de proposer leurs produits et de gérer indépendamment leur politique commerciale. C’est notamment sous l’impulsion de la Digital Factory d’InVivo que cette plateforme a pu voir le jour en 2020 avec la présence de neufs autres coopératives dont AGORA et Unéal. Selon Stéphane Marcel, directeur général d’Aladin® et directeur du digital chez InVivo, Aladin.farm est considéré comme « le vecteur de nouvelles pratiques en phase avec la transformation du monde agricole et ses enjeux : garantir la qualité sanitaire de l’alimentation, le respect de l’environnement et la juste valorisation du métier de l’agriculteur ».

 

Plus concrètement, le e-commerce va permettre aux coopératives :

 

  • De conserver leurs adhérents et toucher davantage d’agriculteurs, ne se limitant plus aux zones géographiques déjà exploitées.
  • D’avoir une politique de vente plus transparente et d’améliorer la traçabilité de toute la chaîne logistique. Cette évolution répond ainsi à la demande croissante des consommateurs souhaitant être informés sur l’origine et le suivi des aliments dans leurs assiettes.
  • De capter et de valoriser les données des agriculteurs pour mieux les conseiller par la suite. La réduction de l’activité logistique des coopératives leur permet de se reconcentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée que sont le conseil agricole et la négociation des achats des approvisionnements. Avec l’arrivée du e-commerce, et par conséquent l’informatisation et la récupération de données supplémentaires sur les terres agricoles, le rôle de conseiller est valorisé et profitable aussi bien pour les coopératives que pour les agriculteurs. In fine, ce modèle permet d’améliorer la productivité et permet aux agriculteurs de mieux valoriser leur exploitation.
  • De réduire les prix d’achats suite à la réduction des surcoûts logistiques, permettant ainsi une amélioration de la rentabilité des exploitations.

 

Un e-commerce performant nécessite une transformation digitale des coopératives

 

Avec l’essor du e-commerce agricole,  les dépôts d’approvisionnement ont vu leur activité fortement diminuer du fait des livraisons faites directement aux agriculteurs. Puisque la revente de ces dépôts reste problématique car peu valorisable, il est nécessaire de les incorporer au futur modèle des coopératives. Ils pourront par exemple servir de magasins et de points relais, où un minimum de marchandises y sera stocké. Cela permettra de répondre à un besoin spontané et urgent d’un agriculteur, tout en proposant une solution de « click & collect » pour les exploitants ne souhaitant pas se faire livrer directement. Néanmoins, une telle organisation nécessite une digitalisation accrue des process des coopératives.

 

Du côté des exploitants, la transformation digitale est depuis longtemps entamée. 79% des agriculteurs utilisent déjà internet alors que la moyenne nationale est à 70%. Les agriculteurs ont de plus déjà adopté dans leurs tâches quotidiennes les outils numériques qui permettent de capter des données météorologiques, de cartographier l’avancée de certains insectes, de connaitre la composition de ses sols et les besoins en eau et en engrais de ses cultures…

 

Du côté des coopératives, cette transformation démarre à peine notamment sur les activités liées silos/dépôts et sur le transport. C’est pourquoi leur montée en puissance en matière de e-commerce doit être menée de concert avec la digitalisation des processus logistiques afin d’offrir une fiabilité et une réactivité plus adaptée à l’agriculture d’aujourd’hui.

 

Cette digitalisation doit s’opérer par la mise en place d’outils complémentaires comme le WMS (Warehouse Management System) afin de fiabiliser les process métier d’un dépôt, contrôler les seuils ICPE de stockage de produits dangereux et optimiser le stockage physique. . Puis, une solution type APS permet de faciliter la planification et la gestion automatique des approvisionnements tout en tenant compte de la saisonnalité importante de l’activité. C’est donc bien autant aux coopératives, qu’aux exploitants et consommateurs-citoyens que la digitalisation des coopératives agricoles peut bénéficier.