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Lionel Delay, expert Supply Chain, nous parle de l’emballage e-commerce

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Lionel Delay, expert Supply Chain, nous parle de l’emballage e-commerce

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D’après Lionel Delay, consultant expert et directeur associé chez adameo, l’emballage est un des sujets phares de la Supply Chain en 2021, sous la pression du e-commerce et des enjeux environnementaux. 

 

 

L’emballage : le premier contact avec le produit en e-commerce

Le e-commerce marque une rupture dans les habitudes d’achat. « Le consommateur a désormais un don d’ubiquité, il peut choisir d’acheter en magasin, ou sur divers canaux et se faire livrer. » Il recherche donc une expérience d’achat omnicanale. « Nous pouvons désormais commander et avoir son produit en moins de 2 heures après l’achat. Mais le client ne voit pas tout ce qui se passe derrière cette livraison de commande, et il sait encore moins ce que cela signifie en termes d’emballage. » Le consommateur paye son produit et lorsqu’il le reçoit, le premier contact est avec l’emballage. Ce dernier est un enjeu clé car il est témoin de l’écoresponsabilité, de l’image de marque et de la performance du commerçant.

Productivité et écoresponsabilité ne s’opposent pas ! 

Économie et ergonomie sont les maîtres mots de l’emballage e-commerce aujourd’hui pour la promesse client. Les entreprises doivent gérer le conditionnement à des cadences importantes pour des produits de poids et de taille variés. « Un emballage e-commerce est manipulé 20 fois plus qu’un produit traditionnel, rappelle Lionel. Le panier moyen diminue en taille mais la fréquence d’achats augmente considérablement. » Il y a donc une multiplication des flux de colis de plus petites tailles. De plus, il est difficile de prévoir la demande dans le e-commerce, et d’organiser minutieusement sa logistique.

Lionel aborde aussi la question du re-commerce ou commerce inversé qui occupe une place importante dans la totalité des flux. Vente de produits reconditionnés ou d’occasion comme la plateforme Momox, commerce de particulier à particulier tel que Vinted… un même produit peut être être livré plusieurs fois au cours de sa vie. Il existe pour cela des solutions afin d’éviter la multiplication d’emballages : certains sont réutilisables dans le but d’une réexpédition future ou pour permettre aux clients d’optimiser à leur tour l’emballage. L’éducation et la sensibilisation auprès des particuliers est aussi nécessaire pour éviter le suremballage.

Emballage : productivité et écoresponsabilité ne doivent pas s’opposer

La RSE est une problématique majeure aujourd’hui et de nombreuses entreprises déploient des politiques dédiées sur des sujets manutention. Un des objectifs contre le dérèglement climatique est la décarbonation, qui concerne de fait l’emballage. « Il faut réduire les matières issues de la pétrochimie, ainsi que l’impact du transport, et donc minimiser les flux inutiles. Aujourd’hui, on draine vers les villes un grand nombre de camions et les législateurs imposent des ZFE (Zones à Faibles Emissions). On reporte le trafic vers des véhicules plus petits et des capacités d’emport plus faibles. » Le but est donc d’optimiser le dernier km et tuer le vide dans les emballages.

Ces objectifs d’écoresponsabilité doivent être combinés aux objectifs de performance. « Il y a une vraie pression de la part des consommateurs, qui ont comme référence de marché le service prime d’Amazon et sa garantie de service en moins de 24h, explique-t-il. Les entreprises concurrentes d’Amazon, et plus généralement tous les e-commerçants, doivent s’adapter. Les pure players internationaux tels que Amazon, Fnac, Darty mais aussi Wish ou Aliexpress, ont été obligés de penser des solutions très productives pour gérer leurs volumes importants.

Cela impacte les réseaux de distribution et la façon dont on organise les processus au sein des entrepôts pour diminuer le leadtime, c’est-à-dire le temps écoulé entre le passage d’une commande et la livraison au client. L’activité emballage a un grand rôle à jouer dans cette optimisation. Il faut trouver des solutions de gain de productivité, qui passe par la robotisation et la mécanisation, mais aussi la digitalisation du contrôle qualité du post-packing. » Ces tendances ont aussi été encouragées par le déficit de main d’œuvre dans les centres logistiques.

 

La facturation joue un rôle primordial dans ces considérations. Elle bascule de plus en plus d’une tarification au poids réel à une tarification au poids volumique.

Ce n’est plus la masse mais ses dimensions qui comptent : il faut tuer le vide. 

Ceci, d’après Lionel, n’est pas contradictoire avec l’automatisation. Cela dépendra de l’opérateur du e-commerçant. Pour les petits volumes, on va faire son choix d’emballage en fonction du produit, et le référentiel juste dépendra du WMS.

Le e-commerce implique d’adapter son emballage au type de marchandise et aux trajets qu’il va faire. Certains produits seront plus sensibles aux variations de température et d’humidité, surtout s’ils voyagent à travers le monde entier. Les emballages doivent donc être choisis en fonction.

Selon Lionel Delay, une standardisation devrait être adoptée par tous les acteurs au niveau de la Supply Chain. « Par exemple, dans l’industrie automobile, tous les emballages sont normés et cela fonctionne très bien. Il y a une interopérabilité entre tous les acteurs de la chaîne : bacs utilisés par tous les prestataires, bacs non jetés et réutilisables, etc. Il faudrait une norme pour tous les acteurs du e-commerce ! »

Quelles innovations créatrices de valeur en matière d’emballage ?

automatisationIl existe des solutions adaptées ciblant les acteurs du e-commerce. Les innovations aujourd’hui sont liées aux évolutions technologiques : mécanisation, automatisation, digitalisation, informatique et IoT combinés sont créateurs de valeur. Ces évolutions sont notamment mises à profit dans les systèmes de micro-fulfilment, micro-plateformes logistiques au cœur de villes qui gèrent des commandes e-commerce.

« Une partie du flux du e-commerce est constituée de mono-ligne. Pour diminuer le leadtime, la productivité, la qualité de service, beaucoup de e-commerçants travaillent sur une chaîne entièrement automatisée. Le produit peut ainsi être mis dans son emballage de manière automatisée » explique-t-il au sujet du « pick and place », processus qui consiste à retirer de la marchandise d’un emplacement pour la placer à un autre endroit.

Il faut « trouver des solutions qui prennent moins de place tout en protégeant le produit. Des innovations surviennent sur le marché : des emballages adaptés à la taille de ce qu’on transporte (ex : des stabilisateurs encadrés) ou des techniques de découpe grâce à des machines qui ajustent l’emballage au contenu. » Des machines permettent en effet de dimensionner le colis lors du processus de packing. Lionel décrit deux types de machine : celle qui taille le produit et qui lui fait une coiffe, et une très productive utilisée par les pure players qui fabrique 1000 colis à l’heure. Cette dernière, grâce à un système de photos en 3D, crée un emballage aux dimensions exactes du contenu. Enfin, les techniques de machine learning permettent également d’améliorer le conditionnement en reproduisant les mouvements préalablement enregistrés selon le produit à emballer.