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Le cauchemar logistique du Coronavirus ou comment rendre les entreprises plus résistantes ?

Le cauchemar logistique du Coronavirus ou comment rendre les entreprises plus résistantes ?

L’épidémie de coronavirus Covid-19 se transforme en un cauchemar logistique pour de nombreuses organisations qui subissent une rupture plus ou moins complète de leur Supply Chain. La Chine est en effet devenue tellement centrale dans la production manufacturière mondiale que l’arrêt d’une partie de ses usines impacte très rapidement les entreprises de tous les secteurs. L’entreprise Coca-Cola s’inquiète par exemple d’un ralentissement de sa production de sodas Light et Zero, qui nécessite des édulcorants de fournisseurs chinois. Plus alarmant : les conséquences sur l’industrie pharmaceutique puisque 80 % des principes actifs utilisés dans le monde sont actuellement fabriqués en Chine et en Inde… Ce n’est pourtant pas la première fois qu’une crise exogène met à mal les chaînes d’approvisionnement mondiales. En 2011 par exemple, le séisme et le tsunami japonais avaient déjà provoqué l’arrêt d’une partie de la production des géants de l’électronique (Sony, Panasonic, Toshiba…) et pesé sur de nombreuses industries.

 

Ces événements humainement catastrophiques posent la question de l’identification et de l’anticipation de la gestion des risques liés à l’interdépendance des systèmes économiques et de production à l’échelle planétaire. Parmi les questions que doivent aujourd’hui se poser les Directeurs Supply Chain on trouve donc : « faut-il continuer à mettre tous ses œufs dans le même panier pour produire à moindre coûts ? »

 

De l’incertitude globale à l’agilité logistique

 

Les schémas logistiques implémentés au cours des dernières décennies ont eu tendance à rationaliser les flux vers un nombre restreint de très grands points de stockage. C’est bien souvent la contrainte de coût qui a guidé cette décision, faisant parfois passer au second plan l’identification et la gestion de certains risques. Mais ce sont aujourd’hui une multitude d’acteurs qui interviennent depuis différentes géographies sur l’approvisionnement, la production et la distribution. Et chacun de ces acteurs peut être fragilisé et/ou peut fragiliser l’ensemble de la chaine logistique. Dans un contexte international où l’incertitude (géopolitique, sanitaire, environnementale et réglementaire) est devenue la règle, des schémas directeurs trop lourds et trop dépendants de certaines régions du monde ne permettent pas aux entreprises de faire face aux imprévus ni de s’adapter à l’évolution des attentes des consommateurs.

 

Chez adameo, nous sommes convaincus qu’il faut insuffler plus d’agilité dans les stratégies et dans les processus Supply Chain. Être agile n’est pas un gros mot à la mode et ne veut pas dire être hâtif et court-termiste. Être agile signifie être plus flexible, développer sa capacité à maîtriser ses temps de cycle et surtout mieux s’adapter aux différents segments de marchés. C’est bien la demande (qui évolue de plus en plus vite et vers toujours plus de personnalisation) qui doit déterminer les flux et la chaîne. Dans le mix marketing, il faut en fait opérer un rééquilibrage de l’aspect « Prix » vers les dimensions « Produit / Services » et « mise en Place » (étendue à la distribution) afin qu’elles soient mieux adaptées à la promesse client. Ce n’est pas nouveau mais certaines logiques économiques ont pu faire oublier cette évidence.

 

Concrètement, cela peut mener à des stratégies de circuit court (rapatrier une activité économique dans un pays proche de ses marchés de consommation par exemple), à des points de découplage des stocks stratégiques ou à une diversification régionale des fournisseurs et prestataires pour éviter les ruptures d’approvisionnement. Chaque industriel mettra en place ses propres solutions, notamment grâce aux nombreuses technologies qui sont désormais disponibles pour tous et suffisamment matures pour les concrétiser.

 

Des technologies pour mieux anticiper la demande et donc mieux gérer les risques

 

Les solutions de type ERP, TMS, WMS et OMS permettent déjà de tracer un produit (pour un rappel de lot contaminé par exemple). Mais ce n’est plus suffisant, il faut maintenant se doter d’outils prédictifs d’aide à la décision afin d’anticiper les risques de modification de la demande et des impacts sur la Supply Chain en temps réel.

 

Dorénavant, il existe des modèles puissants de data science qui permettent de capter au plus près les évolutions du marché. Afin que ces approches mathématiques soient utilisées efficacement, il est indispensable de mettre en place une véritable stratégie des données qu’il faut définir et déployer : de quelles données ai-je besoin ? Comment les acquérir et les exploiter ? Comment enrichir continuellement la collecte grâce à l’IoT pour rendre plus fiable les modèles de prévision ?

Mettre en place cette Supply Chain pilotée par la demande et les données nécessitera une certaine transformation culturelle puisqu’il faut accepter de partager ses données avec l’ensemble des acteurs qui interviennent sur le cycle de vie du produit. C’est ici que la blockchain intervient en permettant de créer un écosystème fluide, fiable et sécurisé autour du produit. Le tandem interconnexion + interopérabilité est bien au cœur de la résilience[1] de la Supply Chain.

 

Du côté de la modélisation, la baisse des coûts de simulateurs très puissants (auparavant réservés aux industries sensibles) les a rendus accessibles à un grand nombre d’acteurs. La combinaison de l’exploitation des données et de la simulation de scénarios complexes permet de mieux absorber, tout au long de la chaîne logistique, les grandes variations de la demande (« l’effet bullwhip ») et d’anticiper les alternatives pour y répondre.

 

Ces nouvelles technologies qui sont en train de bouleverser la Supply Chain vont permettre de disposer des bons produits aux bons endroits, à moindre coût et dans les délais adaptés. Mais le but est bien de rendre les organisations moins fragiles, plus flexibles et donc plus résilientes face aux risques endogènes et exogènes qui ne vont certainement pas aller en diminuant dans les années à venir…

 

Guillaume Mullier, Directeur du développement et de l’innovation adameo

Sacha Bouyer, Directeur adameo

Jean Damiens, Associé adameo

Myriam Gasnier, Directrice Communication & Marketing adameo

 

[1] La résilience organisationnelle est définie par la norme britannique BS 65000 comme « la capacité d’une organisation à anticiper, se préparer, répondre et s’adapter aux changements progressifs et aux perturbations soudaines afin de survivre et de prospérer. »

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